Le Xin Yi Liu He Quan, de même que le Cha Quan et le Qi Shi Quan étaient des boxes qui devaient protéger les musulmans de Chine. Pendant plus de deux cents ans il fut gardé secret et transmis à seulement très peu de pratiquants musulmans. Ce n’est qu’au début du XX siècle sous les Han que le style fut découvert.

Ji Longfeng, un officier militaire de haut rang, qui vécut il y a environ trois cents ans à la fin de la dynastie des Ming, est considéré comme un personnage important de cette histoire. Il aurait créé ce style particulier en lui accordant les propriétés des animaux lors d’affrontements, à partir du livre classique de boxe chinoise de Wu Mu Wang (Yue Fei). Il y incorpora des techniques martiales externes et utilisa pour régir le principe interne de son art la théorie des « Cinq Eléments » (Wou Hing) (lesquels se détruisent et se créent mutuellement). Il aurait ainsi élaboré des exercices répétitifs, et finalement créa son propre style.

Le Xin Yi Liu He Quan est aussi appelé Le Xin Yi Liu He Quan sacré (Sheng Xing Xin Yi Liu He Quan) à cause de son lien avec l’ethnie Hui d’obédience musulmane. Ici sacré signifie sage au sens religieux du terme. C’est-à-dire que la pensée contrôle les mouvements du corps, et les mouvements du corps contrôlent la pensée. Plus simplement, on nomme généralement ce style Xin Yi Quan.

Il était aussi désigné par le nom Xin Yi Chui (« Combinaison Du Corps Et De Son Utilisation ») car durant la pratique, les mouvements d’ouverture sont lisibles, puissants et frappés lourdement de toute la surface plantaire (Quan Jiao). Comme les manuels d’arts martiaux le disent : « marteler (Chui) comme un coup de tonnerre ou comme une tempête ».

Basé sur une pratique difficile durant une longue période, ce style crée ainsi une certaine agilité dans les attaques pénétrantes et aussi une très grande puissance et rend le corps dur comme le fer. Ses caractéristiques essentielles sont vitesse, sauvagerie, rapidité, mouvements simples et esprit pratique.

Photo de démonstration


Il est ardu de vraiment maîtriser ce style mais qui arrive à en maîtriser toutes les subtilités devient extrêmement puissant. Le Xin Yi Liu He Quan de Luoyang utilise les formes animales : le coq, l’ours, le tigre, l’aigle… dans le but d’avoir les Six Coordinations : coordination du coeur et de la pensée, coordination de la pensée et du Qi, coordination du Qi et de la puissance (on les appelle Trois Coordinations Internes), et coordination des mains et des pieds, coordination des coudes et des genoux, et coordination des épaules et des hanches (ce sont les Trois Coordinations Externes).

Pendant la pratique, c’est l’union (l’harmonisation) des «Six Coordinations internes et externes » (Nei San He et Wai San He) qui permet de créer l’énergie (Jing). Celle-ci peut être puissante même super violente pendant le combat. Dans l’histoire, cet art martial a été pratiqué par les soldats sous direction de YueFei, dans la dynastie de Song contre les ennemis du Nord. Les techniques doivent être exécutées en respectant strictement ce que les livres disent : « La main qui se dresse ne doit pas dépasser le niveau des sourcils, le pied qui se lève ne doit pas dépasser le niveau du genou, contracter le corps et ensuite se lever, étant levé, il faut ensuite accumuler ». Accumulation et extension, mobilité et immobilité sont acquises que si les mouvements de mains et de pieds sont exécutés avec la combinaison de l’esprit (Shen) et de la forme (Xing), et finalement lorsque la pensée dirige le Qi et lorsque le Qi fait sortir la puissance.

Le Taiji, combinaison entre l’énergie interne et externe, nécessite la puissance intérieure du corps mais aussi des mouvements de coordination à grande vitesse. En théorie, on commence par l’énergie externe, afin d’avoir une base solide pour le Taiji. Par conséquent, l’apprentissage du Xin Yi Liu He Quan va consolider la base de l’art martial du Taiji, en accélérant la rapidité et l’équilibre de tous les membres du corps. De même, cet art martial peut apporter une énorme puissance au pratiquant à l’aide des Six Coordinations. Maître Wang Li Kun, détenteur du grade le plus élevé des Arts Martiaux chinois (9è duan), spécialiste de Tuishou et du Taiji du serpent, a pratiqué longtemps différentes disciplines des arts martiaux dits internes et externes. Selon lui, le Xin Yi Liu He Quan peut « créer » une puissance immédiate du corps, et aide énormément dans la « poussée des mains » du Taiji.